Les 3 InstincTypes de l’Ennéagramme : survie, tête-à-tête, social (sous-types)

Les 3 InstincTypes de l’Ennéagramme, aussi appelés instincts types, désignent trois orientations instinctives profondes : la survie, le tête-à-tête et le social. Chacune correspond à un besoin qui se cristallise très tôt dans la petite enfance et qui oriente l’attention d’un individu tout au long de sa vie. Combinés aux neuf types ennéagramme, ils produisent vingt-sept profils distincts.

Je m’appelle Nico Pène, je forme à l’Ennéagramme depuis 2011 et j’ai accompagné des centaines de personnes, en formation comme en coaching. J’ai écrit le Petit Livre de l’Ennéagramme aux éditions First et conçu la première formation numérique francophone sur l’Ennéagramme. Et je vais être honnête avec toi : ce sujet des instinctifs, je l’ai longtemps gardé de côté dans mes formations. Pas par mystère. Pour une raison que je t’explique tout de suite.

Pourquoi les 3 types d’instincts arrivent toujours en dernier

Les 3 types d’instincts (InstincTypes) ne s’abordent pas au début d’un parcours Ennéagramme parce qu’ils démultiplient la lecture des neuf types. Tant que les passions, les fixations, les ailes et les flèches ne sont pas maîtrisées, ajouter cette strate complexifie le travail au lieu de l’enrichir. C’est une question d’ordre d’apprentissage, pas de difficulté.

Bon. Soyons clairs sur ce que je veux dire là. Je ne pense pas que les InstincTypes soient compliqués : je pense qu’ils sont denses. La nuance a son importance. Un débutant qui découvre en même temps qu’il est un type 3 et qu’il existe trois manières d’être un type 3 ne construit rien de solide. Il empile.

Et puis il y a une autre raison, plus terre à terre : si j’avais glissé ce sujet plus tôt, on l’aurait balayé en dix minutes. Alors que là, on peut prendre le temps.

Garde bien ceci en tête : ce que tu as appris jusqu’ici sur les neuf types ennéagramme ne devient pas obsolète. Ça devient un socle sur lequel poser autre chose.

D’où viennent les InstincTypes : l’animal social d’Aristote

L’origine des InstincTypes remonte à une observation ancienne sur la nature humaine. Aristote écrit que l’homme est naturellement un animal politique, formule souvent reprise sous la forme « l’homme est un animal social ». Deux mots portent tout : social, qui renvoie au fonctionnement en communauté, et animal, qui renvoie aux modes de fonctionnement instinctifs.

Le mot politique, chez Aristote, ne veut pas dire ce qu’il veut dire aujourd’hui. Il désigne la structure même du fonctionnement humain : nous sommes bâtis pour vivre en société. Et honnêtement, ça nous réussit plutôt bien.

Prends un exemple tout bête. Une pièce d’un euro. Je la tends à un commerçant, il me donne de la nourriture. Mais à quel moment ce bout de métal a-t-il acquis cette valeur ? Nulle part dans la matière. Il a été convenu socialement qu’on attribue à tel objet telle valeur. C’est tout.

Pareil quand tu construis une maison. Tu ne fais pas tout seul : tu appelles un maçon, un électricien, un architecte. La société se répartit les tâches, et chacun apporte son morceau au bienfait de la communauté.

Reste le second mot. Animal. Et qui dit animal dit forcément modes de fonctionnement instinctifs, même chez un animal qui se qualifie volontiers d’évolué.

Les trois instincts dominants de nos ancêtres

Trois instincts dominent chez l’être humain et se repèrent déjà chez nos ancêtres préhistoriques : l’instinct de survie, l’instinct sexuel et l’instinct social. Ces trois instincts restent pleinement actifs aujourd’hui, même quand nous n’en avons pas conscience. Ce sont eux qui donnent naissance aux trois InstincTypes de l’Ennéagramme.

Pourquoi remonter aussi loin ? Parce qu’à cette époque, les centres d’attention de l’homme étaient simples, facilement décortiquables. Pas de bruit autour. On voit la mécanique à nu.

Commençons par le plus vital : l’instinct de survie. L’homme préhistorique chassait, cueillait, cherchait de quoi manger et boire. Il cherchait aussi un abri, parce que dormir à la belle étoile avec des animaux sauvages autour, ça finit mal. Si je ne mange pas, si je ne bois pas, si je ne peux pas me protéger : je suis en danger. C’est la survie au sens archaïque du terme.

Mais cet instinct s’étend à autre chose, que l’Ennéagramme nous apprend à voir de mieux en mieux : la survie psychologique. Je mets aussi en place des mécanismes mentaux pour assurer ma survie.

Tu as peut-être entendu parler de l’étude de Spitz sur les hôpitaux. Je te la fais courte, et tu vérifieras les détails. Des orphelins en bas âge, placés en institution, recevaient tout ce qu’il fallait physiologiquement : des soins, à manger, de quoi dormir. Mais aucune marque d’attention, aucun câlin. Le personnel n’avait tout simplement pas le temps. Résultat : une mortalité infantile considérable, et chez ceux qui ont survécu, de lourds problèmes psychologiques à l’âge adulte. Alors qu’ils avaient tout pour survivre physiquement.

Vient ensuite l’instinct sexuel. Ici, la logique change : si je ne m’adonne pas à mes pulsions sexuelles, je survivrai quand même. Le mot pulsion en dit long, d’ailleurs. Alors si c’est instinctif, c’est peut-être que ça a une utilité ? La réponse ne se cherche pas très loin : la préservation de l’espèce, la transmission, la lignée. Cet instinct pousse à chercher un ou une partenaire, et se joue dans les relations en tête à tête.

Enfin, l’instinct social. Les hommes préhistoriques vivaient en clan, et le clan aidait chacun à tenir. Un leader donnait les directives, des chasseurs ramenaient la nourriture, des cueilleurs s’occupaient de la terre, d’autres veillaient sur les enfants et le bien-être du groupe. Chacun et chacune avait un rôle. Et ce rôle n’était pas toujours dicté : il était instinctivement présent.

D’ailleurs, ça t’est sûrement arrivé. Te retrouver dans un rôle et savoir, instinctivement, que ce rôle ne te correspond pas.

Comment les InstincTypes se cristallisent en toi

L’instinct type se forme très tôt dans la petite enfance, autour de deux à quatre ans, peut-être avant. Comme le type ennéagramme, il se cristallise à partir de la perception de l’environnement. Il se traduit par une tendance à vouloir combler en priorité un de ces trois besoins : la survie, le tête-à-tête ou le lien au groupe.

Sur la datation exacte, je ne vais pas te raconter d’histoires : les données fiables manquent, et je ne connais aujourd’hui aucun enseignant, aucun maître Ennéagramme capable de trancher. Ce qui est observable, en revanche, c’est la cristallisation elle-même.

Concrètement, à quoi ça ressemble une fois adulte ? Un instinctif tête-à-tête sera davantage orienté vers le lien exclusif, le couple, la recherche d’un ou une partenaire de vie. Il privilégie l’intimité.

Un instinctif survie, lui, aura tendance à vouloir le frigo toujours plein, à surveiller son argent (puisque l’argent, c’est la survie assurée) et à se soucier de son confort matériel.

Un instinctif social cherchera à être accepté par le groupe, à créer du lien collectif, à briller en société aussi, pourquoi pas.

Attention cependant : ce n’est pas encore le moment de te positionner. Nous dégrossissons les termes généraux. Chacun de ces trois InstincTypes porte ses points de force autant que ses blessures et ses zones de conflit, exactement comme les neuf types. Et comme pour les passions de l’Ennéagramme, ce qui déforme est aussi ce qui contient la ressource.

Neuf types, trois InstincTypes : vingt-sept profils

Chaque type ennéagramme se décline en trois versions selon l’instinct type dominant. Un type 3 peut être 3 survie, 3 tête-à-tête ou 3 social. La passion et la fixation restent identiques, mais l’instinct déformé diffère. En combinant les neuf types et les trois InstincTypes, on obtient 27 profils aux subtilités propres.

Tu vois maintenant pourquoi je ne t’ai jamais donné l’instinct déformé du type 1 ou du type 6 en décrivant les types ? Parce qu’il n’y en a pas un seul. Ça dépend.

Autrement dit : sur un type 3 donné, tu retrouveras toujours la même passion et la même fixation, mais trois catégories d’instincts différentes. Trois manières bien spécifiques d’être un type 3, qui ne se ressemblent pas du tout dans la vie quotidienne.

C’est ce qui explique tant d’erreurs de typage. Deux personnes du même type qui semblent opposées, et l’une des deux qui se dit : « ce n’est pas possible, je ne suis pas ce type-là ». C’est une des raisons pour lesquelles trouver son profil Ennéagramme demande plus de finesse qu’un questionnaire rapide.

Le chemin que je te propose est le suivant : dissocier d’abord les InstincTypes des neuf types, les comprendre pour eux-mêmes, pour mieux les réassocier ensuite. C’est un mouvement de solve et coagula, pour reprendre le langage des alchimistes : séparer pour comprendre, recomposer pour intégrer. On ne mélange pas deux ingrédients qu’on n’a jamais goûtés séparément.

Pourquoi je refuse le mot « sous-type »

Dans la littérature, les InstincTypes apparaissent le plus souvent sous le nom de « sous-types » : on dira un 9 social, un 4 survie. Cette terminologie pose deux problèmes. Elle suggère une hiérarchie entre le type et l’instinct, alors que rien ne permet d’établir lequel des deux se forme en premier. Et elle rend invisible le fait que les InstincTypes s’identifient indépendamment des neuf types.

J’emploie donc le mot « instinctive », parce que je le trouve plus juste. C’est un choix assumé, et je le signale plutôt que de le glisser discrètement.

Premier point : la création d’un type et celle d’un instinct type. Lequel apparaît en premier ? Lequel vient se greffer sur l’autre ? On ne sait pas. Rien ne justifie donc de traiter l’instinct comme une sous-catégorie du type.

Second point, et c’est le plus parlant : retire les neuf types de l’équation. Les InstincTypes (3 types d’instincts) continuent d’exister. Ils peuvent être définis, compris, identifiés chez une personne sans qu’on fasse appel une seule fois à l’Ennéagramme des types. Ce travail de dissociation n’est malheureusement pas toujours fait dans les vulgarisations, quelle que soit la nomenclature employée.

Pour moi, ces deux notions se complètent. Elles ne sont pas hiérarchisées.

Certes, on pourrait objecter que c’est une querelle de vocabulaire (et par moments, ça l’est un peu). Cependant, nommer une chose « sous-quelque chose » oriente déjà la manière dont on la regarde. Et je tiens à ce que l’Ennéagramme reste un outil qui ouvre, pas un outil qui enferme dans une case.

Un dernier mot sur l’origine. Les InstincTypes ne sont pas une typologie extérieure qu’on viendrait tricoter avec l’Ennéagramme, à la manière d’un Ennéagramme plus MBTI ou Ennéagramme plus Process Com. Ils sont présents depuis le début de l’Ennéagramme de personnalité, tel que l’a élaboré Claudio Naranjo. C’est lui qui a pris conscience de cette subdivision entre social, tête-à-tête et survie, et cette notion fait partie du corpus transmis dans la lignée issue de Gurdjieff, qui introduit le symbole en Occident, puis reprise par les écoles contemporaines.

Ce qui explique aussi la variété des appellations : chaque instinctif porte plusieurs noms selon les écoles de pensée. Nous y reviendrons.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un instinctif dans l’Ennéagramme ?

Un instinctif, ou instinct type, désigne l’un des trois besoins instinctifs dominants chez l’être humain : la survie, le tête-à-tête et le social. Il se cristallise très tôt dans l’enfance et oriente l’attention d’une personne vers un de ces trois domaines en priorité, indépendamment de son type ennéagramme.

Quels sont les 3 InstincTypes de l’Ennéagramme ?

Les trois InstincTypes de l’Ennéagramme sont l’instinct de survie, qui concerne la survie physiologique et psychologique, le confort et la sécurité matérielle ; l’instinct sexuel ou tête-à-tête, orienté vers l’intimité et la relation exclusive ; l’instinct social, tourné vers l’intégration au groupe et la création de lien collectif.

Quelle est la différence entre sous-type et InstincTypes ?

Le terme « sous-type » est la nomenclature la plus répandue dans la littérature ennéagramme. Nico Pène lui préfère « instinctif », car « sous-type » suggère que l’instinct serait une subdivision du type. Or les InstincTypes s’identifient chez une personne sans recourir aux neuf types : les deux notions se complètent sans hiérarchie.

Pourquoi parle-t-on de 27 types ennéagramme ?

Parce que chaque type ennéagramme se décline selon les trois InstincTypes. Un type 3 peut être 3 survie, 3 tête-à-tête ou 3 social, avec la même passion et la même fixation mais un instinct déformé différent. Neuf types multipliés par trois InstincTypes donnent vingt-sept profils aux caractéristiques propres.

Alors, quel instinct crois-tu reconnaître en toi ? Avant de répondre à cette question, il y en a une autre à régler : connais-tu vraiment ton type ennéagramme ? Parce que les 3 types d’instincts se combinent avec lui, et se tromper de type revient à travailler des mécanismes qui ne sont pas les tiens. Si tu veux y voir clair, je t’ai préparé ma MasterClass Ennéagramme, où je reprends la logique des neuf types et la manière de reconnaître le sien en profondeur, loin des tests rapides qui donnent si souvent un faux résultat.

À très vite,
Nico Pène

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